17 septembre 2026
À L’Atelier, on a adopté la rédaction inclusive pour tous nos écrits. Pourquoi? En quoi est-ce important? On vous explique nos raisons et les manières de l’appliquer, et on espère un peu vous convaincre de faire pareil pour vos communications touristiques!
C’est une approche d'écriture qui permet de s’adresser à des groupes diversifiés en représentant également les femmes, les hommes et les personnes non binaires dans un texte, plutôt que de recourir uniquement au masculin pour désigner tout le monde. La rédaction inclusive permet à chaque personne de se sentir incluse dans une communication.
Le langage reflète et façonne la réalité sociale. Quand un texte n'utilise que le masculin générique, la recherche en linguistique et en psychologie sociale montre que les lecteur·rices ont tendance à se représenter mentalement des hommes, même si la règle grammaticale du « masculin qui l'emporte » prétend inclure tout le monde. Dans une société qui tend à l’équité, la diversité et l’inclusion, ces valeurs doivent se refléter dans nos manières d’écrire. À L’Atelier Touristique, l’adoption de l’écriture inclusive nous permet de contribuer à une représentation plus juste et équitable de la société. C’est d’ailleurs une des actions qui s’inscrit dans notre pratique d’une communication responsable.
D’emblée, il est important de préciser qu’il y a plusieurs manières d’écrire inclusif et que la démarche est en une d’amélioration continue.Pas de pression ici pour la perfection! C’est à force de la pratiquer que la rédaction inclusive finira par s’intégrer naturellement dans l’usage. Et on se rappelle que l’usage précède l’adoption de règles officielles!
L’idée ici est de répéter un mot dans les deux genres. Par exemple, les visiteurs et visiteuses, les amateurs et amatrices de plein air, les voyageurs et voyageuses, etc. Pour l’accord des verbes ou des adjectifs, deux options sont possibles, soit conserver l’accord au masculin selon les normes grammaticales actuelles, soit utiliser l’accord de proximité en accordant avec le genre du mot le plus proche.Par exemple, les visiteurs et visiteuses seront ravies de savoir que.. ou encore les visiteuses et visiteurs seront ravis de savoir que…
L’emploi des doublets peut toutefois alourdir un texte et rendre la lecture moins fluide. Il est donc important d’utiliser cette stratégie d’inclusion en alternance avec d’autres.
C’est la forme de rédaction inclusive la plus « ostentatoire », celle qui utilise notamment le fameux point médian et qui permet de regrouper le féminin et le masculin en un seul mot. D’autres signes typographiques comme le point, la parenthèse, le tiret, le crochet ou la barre oblique sont parfois utilisés pour marquer les deux genres, mais c’est le point médian qui est généralement privilégié. Pourquoi? Tout simplement parce que contrairement aux autres symboles, il est le seul à ne pas avoir d’autres fonctions grammaticales.
Concrètement, il s’agit de conserver le tronc commun d’un mot et d’ajouter uniquement les lettres qui diffèrent d’un genre à l’autre après le point médian. Voici quelques exemples de forme tronquée relatifs au tourisme : les visiteur·ses, les voyageur·ses, l’amateur·rice de plein air, amoureux·se de gastronomie, artisan·e, vigneron·ne…
Si l’adoption de la forme tronquée ne fait pas l’unanimité, notamment auprès de certaines grandes institutions, et peut aussi réduire la fluidité d’une lecture, elle est toutefois de plus en plus reconnue par les lecteurs automatiques et par Google.
D’abord une définition de chacun. Un terme épicène n’a qu’une seule forme peu importe le genre, mais peut s’employer autant au féminin qu’au masculin. Par exemple : un ou une touriste, un ou une responsable, un ou une cycliste, un ou une excursionniste. Un terme neutre n’a qu’un seul accord, mais peut désigner autant le féminin que le masculin ou être un nom désignant un collectif. Par exemple : la personne, la population, la clientèle, le lectorat, les gens, le personnel, etc.
L’emploi de vocabulaire neutre et épicène évite donc les mots genrés et est la forme la plus discrète de rédaction inclusive parce qu’elle ne laisse aucune trace visible de l’enjeu qu’elle résout (contrairement aux doublets ou aux points médians).
Ce type de rédaction est simple et évite d’avoir à qualifier précisément un genre puisque le pronom « vous » est neutre. Et les accords qui suivent sont souvent invariables, ce qui en fait une stratégie de rédaction épicène efficace. Des exemples en contexte touristique? Prenez une grande inspiration… Laissez-vous charmer... Soyez aux premières loges... Faites-vous plaisir…. Réservez un hébergement…Cette forme de rédaction fonctionne bien en tourisme parce qu’elle propose un ton dynamique et engageant. Elle interpelle directement le lecteur·rice par des appels à l’action ou des invitations.
Les néologismes de rédaction inclusive restent marginaux et ont généralement une forte connotation militantisme. Ils sont peu implantés dans l’usage courant mais certains commencent tranquillement à faire leur apparition. On parle ici de mots comme iel (contraction de « il » et « elle ») celleux (contraction de « ceux » et « celles) et toustes ( contraction de « tous » et « toutes»). Sachez toutefois que l’Office québécois de la langue française ne recommande pas ces termes.
L’Atelier Touristique est une entreprise d’économie sociale. Un modèle qui vise à assurer la durabilité, la justice et l’équité.